Philippines 2012

Philippines

Les habitants du Sitio San Roque résistent à l’expulsion

Avec 300 hectares de bureaux, centres commerciaux et immeubles résidentiels, programmés à un carrefour stratégique de la capitale, le Quezon City-Central Business District aspire à devenir « le plus important pôle d’affaires du pays… » Dans le cadre de ce projet – soutenu par la Banque Mondiale – le groupe immobilier Ayala a signé un accord de Partenariat Public Privé avec la National Housing Authority pour l’aménagement de terrains… sur lesquels résident aujourd’hui les 6.000 familles du Sitio San Roque.
« D’abord ils ont pris ma terre, là-bas, dans ma province. Et maintenant, ici, ils veulent démolir mon quartier ! s’indigne Estrilita Bagasbas, habitante de San Roque et porte-parole de l’Alliance cotre les démolitions. Ma terre, là-bas à Mindanao, était plantée de riz et de cocotiers, mais un grand propriétaire terrien l’a pris et je suis venue à Manille, pour chercher du travail. A présent, le gouvernement et (le groupe) Ayala veulent démolir notre communauté et construire à la place des tours pour les gros businessmen. Ils disent que nous déprécions les terrains où nous vivons, que ceux-ci seraient mieux rentabilisés si on les louait à des investisseurs étrangers ! »

En 2002, le gouvernement s’était pourtant engagé à doter le quartier d’infrastructures adéquates et à régulariser la situation de ses habitants. Mais aujourd’hui, les autorités proposent, comme seule option, la réinstallation sur des terrains éloignés, situés dans une zone inondable et de risque sismique.

Alors les habitants de San Roque résistent.

En 2010, ils ont repoussé une tentative de démolition qui a dégénéré en affrontements avec la police.
Et le 12 janvier 2012, San Roque est à nouveau mobilisé : un avis d’expulsion vient d’arriver et l’on s’attend à voir débarquer les brigades de démolisseurs dès le lendemain.
Toute la nuit, des habitants vont monter la garde.
Au petit matin, ils guettent les signes avant-coureurs d’une intervention.
Mais ce ne sera pas pour cette fois.
Pour Estrilita et les habitants de San Roque, la lutte continue !

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