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Guatemala / Les pénitents de San Andres texte...

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Guatemala / Les pénitents de San Andres : San Andrés Sajcabajá, une commune de l'altiplano guatémaltèque.
Les indigènes Quichés (90% de la population) vivent dans les hameaux et les ladinos - métis ou blancs - dans le bourg.Au XVIe siècle, les Espagnols fondent la réduction de San Andrés Sajcabajá, administrée par des Dominicains, qui évangélisent et imposent le rituel catholique. Afin de consolider leur emprise sur la population, les missionnaires espagnols organisent les "confréries" qui ont chacune la charge du culte d'un Saint.
Liées aux autorités catholiques, les "confréries" vont structurer la communauté.
Au cours du XVIIIe siècle, quand l'administration des réductions tend à se séculariser, les "confréries" jouent le rôle de courroie de transmission du pouvoir ladino mais peuvent aussi, à l'occasion, cristalliser autour d'elles la résistance aux abus mêmes de ces ladinos.
A la fin du XIXe siècle, débarrassées de la tutelle du clergé qui abandonne San Andrés Sajcabajá, les "confréries" se démarquent de plus en plus de l'orthodoxie catholique : au culte des Saints se mêlent des pratiques religieuses d'inspiration préhispanique. L'autorité des anciens s'en trouve renforcée contribuant, selon l'historien Jean Piel, "à la restauration, par les indigènes, d'un pouvoir politico-religieux autonome".
Il faudra attendre 1960 pour que l'église rouvre ses portes. Dans tout le Guatemala, un mouvement social émergeant débouche alors sur la constitution de groupes de lutte armée. Certains prêtres catholiques, influencés par la théologie de la libération rejoignent ou soutiennent la guérilla. Le pouvoir militaire répond par la terreur, et le génocide perpétré par l'armée guatémaltèque au début des années 80 laisse à San Andrés des blessures profondes.
Aujourd'hui, la communauté Maya-Quiché de San Andrés Sajcabajá - que le désir de durer a contraint à évoluer au cours d'une histoire marquée du sceau de la violence exercée par le pouvoir ladino - se reconnaît dans le souvenir de ses morts et le culte des ancêtres entretenu par la "coutume".
Et encore une fois, les confréries célèbrent la Semaine Sainte.

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