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Nouvelle

Conte à dormir debout les damnés de la terre

Bref, ils ne virent rien venir et furent stupéfaits d’abord, incapable de saisir l’ampleur du séisme ensuite. Moi-même, je dois en convenir, après l’avoir si longtemps espéré et milité pour sa venue, de déception en déception, je n’y croyais plus et n’en crut pas mes yeux : la Commune se réveillait !

Conte à dormir debout les morts / nouvelle

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Du premier Vizir, qui n’était en réalité que le dernier d’une série de précédents premiers choisis par le Calife dans le panier de crabes où jeunes loups et vieux barbons grenouillaient se disputant à qui mieux mieux le privilège de faire le sale boulot, du premier, donc, jusqu’au dernier des vizirs délégué auprès du vizir préposé à… en passant par les chefs de cabinet, hautains fonctionnaires, PDG prédateurs, banquiers repus et corrompus, patrons de cabinets (mauvais) conseil gavés aux commandes publiques – les uns et les autres, soit dit en passant étant facilement interchangeables – aucun, mais alors aucun, ne vit rien venir. Faut dire qu’ils préféraient écouter Sardou plutôt que Marc Ogeret et passèrent à côté du couplet comme du refrain :

On l’a tuée à coups d’chassepots,
À coups de mitrailleuses,
Et roulée avec son drapeau
Dans la terre argileuse !
Et la tourbe des bourreaux gras
Se croyait la plus forte.
Tout ça n’empêche pas, Nicolas*,
Qu’la Commune n’est pas morte !

Que la Commune ne fût pas morte, ils ne pouvaient l’imaginer !
Arrogant et trop infatué de lui-même pour regarder en bas, le Calife donnait le la à cet aveuglement, mobilisant le Cartel de l’Elysée, Matignon, Bercy et consort pour complaire à ceux qui l’avaient mandaté. Je ne parle pas là, bien sûr, des électeurs dont il se moquait comme d’une guigne, se targuant d’une légitimité soi-disant conférée par les urnes, alors que moins de 15 % du corps électoral – trop naïfs citoyens croyant éviter le pire – lui avait suffi pour accéder à la magistrature suprême. Non, je parle de ces 0,0002 % d’insatiables qui hurlaient « banqueroute » en entendant « taxe Zucman » et avaient largement financé sa campagne. Situés tout au sommet de l’échelle sociale, ils comptaient leurs pairs sur les doigts de quelques mains et leur fortune en milliards – fortune qui, affirmaient leurs zélateurs, ruissellerait immanquablement sur le bon peuple –, mais ne payaient quasiment pas d’impôt et en exigeaient encore moins, pratiquaient assidûment l’évasion fiscale, usaient et abusaient d’euphémiques « plans sociaux » dont ils ne rencontraient jamais les victimes et réclamaient à grands cris des coupes toujours plus sombres dans les dépenses publiques afin que le magot – ça, bien sûr, ils ne le disaient pas – fût transféré dans leurs poches sans fond. Ainsi donc le Calife, se frottant les mains des querelles à gauches et se pensant désormais tout permis, mettait-il les bouchés doubles pour en finir une bonne fois pour toutes avec les acquis du Front Populaire, de la Libération ou de Mai 68. Privilèges anachroniques prétendaient les « experts » du sérail, insoutenables pour un budget qu’il s’agissait sans plus tarder ni tergiverser, disaient-ils, de ratiboiser. Et ils fondaient en effet, ces acquis, comme glaciers sous le soleil du réchauffement climatique.

L’année précédente, en dépit de millions de personnes descendues dans les rues, de l’opposition unanime des syndicats et de 80 % de la population, et même contre l’avis de la majorité des députés, avait été imposée une réforme des retraites qui restait dans la gorge de beaucoup, et ne fût sans doute pas étrangère à la claque reçue quelques mois plus tard par les candidats de la majorité présidentielle aux élections européennes. S’imaginant alors à une table de poker, bluffant avec un brio qu’il se figurait étourdissant en dépit d’une main fort pauvre, le présomptueux Calife décréta illico et sans l’avis de ses vizirs la dissolution de l’Assemblée Nationale. Stratégie qui, plutôt que géniale, se révéla cataclysmique : un électorat largement mobilisé eut effet le toupet de faire du Nouveau Front Populaire le groupe majoritaire dans la nouvelle Assemblée. Loin de tirer les conséquences de ce résultat, le Calife évita superbement de le prendre en compte, contrevenant aux us et coutumes les plus établis, pour désigner un premier Vizir – il dut d’ailleurs s’y reprendre à deux fois, le premier des premiers Vizirs ayant été rapidement désavoué, et condamner le second premier à évoluer sur la corde raide. La cote, déjà en berne, du petit Calife retors qui voulait devenir aussi grand que Jupiter, ne sortit pas redorée de ces piteuses manœuvres. Cependant que les retraités affûtaient cannes et déambulateurs, que la colère des urgentistes ne s’apaisait pas, qu’étudiants, lycéens et autres jeunes exclus du système scolaire avec ou à côté des Soulèvements de la Terre prenaient conscience d’un futur sans avenir noyé sous la montée des océans, de leur santé hypothéquée – outre la casse de la santé publique – par l’absorption quotidienne de particules fines, pesticides, polluants éternels et autres délicats condiments, ou l’apparition prévisible de virus inconnus liée notamment à la perte de biodiversité et au réchauffement de la planète entraînant le dégel du pergélisol. Touche finale au tableau, alors que le premier vizir ne faisait pas mystère de la rigueur de son prochain budget qui se traduirait par de grands coups de sabre dans les dépenses de l’État – à contrecœur, croyez-le bien, mais la dette voyez-vous… –, presque simultanément on apprit que les aides publiques aux entreprises s’élevaient à 213 milliards d’euros pour l’année écoulée – trois fois le budget de l’éducation nationale –, que celles-ci bénéficiaient principalement aux plus gros, étaient dans la plupart des cas offertes sans contrepartie et dans des conditions d’attribution et de contrôle d’une opacité telle qu’on inclinait, c’est un euphémisme, à les qualifier de cadeaux au patronat.

Le Calife et sa clique cependant, encouragés par les 0,0002 %, restaient confiants en la capacité des corps répressifs – qu’ils s’employaient à privatiser et décérébrer en attendant de pouvoir les robotiser à cent pour cent – à mater toute velléité de révolte. Et tablaient sur le pouvoir de désinformation de leurs médias qui poussaient des cris d’orfraie quand, sous les coups de quelques manifestants en colère une vitrine de banque volait en éclats, ou qualifiaient de violents, voire de terroristes, des militants écologistes qui découpaient les bâches plastifiées d’une méga-bassine – ceci sans jamais blesser personne –, mais négligeaient opportunément de regarder sous le tapis des grandes fortunes dont chacun dissimulait immanquablement son lot d’immondices – délits d’initiés, arnaques, extorsions, passages à tabac, meurtres… –, manquaient de souligner qu’un oligarque jamais rien ne lâcha qui ne lui eut été arraché de force, et oubliaient enfin que des Cognes Robocop Suréquipés dûment mandatés y allaient franco de la matraque, du taser, de la grenade lacrymogène, fumigène, assourdissante, éblouissante, de désencerclement, à fragmentation ou du lanceur de balle de défense, tous ustensiles qualifiées d’armes à létalité réduite qui avaient, ces dernières années, produit leur quota d’éborgnés, mains arrachées, et autres dommages collatéraux parfois létals. Confiants, donc, en ces lignes Maginot censées les protéger de la plèbe et sa vindicte, ils ne tendaient l’oreille à qui chantait :

Comme faucheurs rasant un pré,
Comme on abat des pommes,
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent-mille hommes !
Et les cent-mille assassinats,
Voyez c’que ça rapporte…
On a bien fusillé Varlin,
Flourens, Duval, Millière,
Ferré, Rigault, Tony Moilin,
Gavé le cimetière.
On croyait lui couper les bras
Et lui vider l’aorte.
Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte !
Ils ont fait acte de bandits,
Comptant sur le silence,
Achevé les blessés dans leur lit,
Dans leur lit d’ambulance !
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte !
Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte !

Mais on n’est jamais trop prudent, n’est-ce pas ? Aussi, soucieux de verrouiller plus encore leur dispositif sécuritaire, le Calife et ses vizirs avaient-ils mis en place tout un arsenal légal pour interdire aux journalistes honnêtes – oui, oui, il en restait encore et plus qu’on ne pensait – de faire leur boulot, inculper les défenseurs de l’environnement et autres militants politiques ou syndicaux pour des délits qu’ils n’avaient pas commis mais, tenez-vous bien, s’apprêtaient certainement à commettre : tout manifestant pacifique n’est-il pas un casseur qui s’ignore ? Heureusement qu’une police, de mieux en mieux outillée grâce à la multiplication des caméras de surveillance et la ponction, limite légale, de données personnelles, les identifiait sans coup férir. Ce qui n’empêcha pas des voix de plus en plus nombreuses de fredonner :

Les journalistes, policiers,
Marchands de calomnies,
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d’ignominies !
Les Maxime Du Camp, les Dumas
Ont vomi leur eau-forte.
Tout ça n’empêche pas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte !

Mais le Calife et sa bande y restaient sourds. Des veaux ! se moquaient-ils entre gens de bonne compagnie, des moutons tout juste bons à tondre ! On peut y aller à la tronçonneuse, rien à craindre, la preuve : on bafoue leur vote, ils ne bronchent pas ; ils sont deux millions et plus à pétitionner contre une loi inique, on dit bravo, vous avez pu vous exprimer, preuve d’un fonctionnement démocrasseux bien huilé, maintenant rentrez chez vous y’a plus rien à voir, et encore une fois ils avalent la couleuvre ! Et de se marrer sans vergogne. A la curée, à la curée, entonnaient-ils, trinquant avec de grands crus payés par les deniers publics et sur l’air du curé de Camaret, serrons-leur la ceinture ! Et quand le premier vizir annonça l’Année Blanche ce fut du délire, ils jubilaient : ouais, ça c’est une idée ! Alors que la chanson les mettait en garde :

C’est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes :
À l’enterrement de Vallès,
Ils en étaient tout bêtes,
Fait est qu’on était un fier tas
À lui servir d’escorte !
C’qui prouve en tout cas, Nicolas,
Qu’la Commune n’est pas morte.
Bref, tout ça prouve aux combattants
Qu’Marianne a la peau brune,
Du chien dans l’ventre et qu’il est temps
D’crier : « Vive la Commune ! »
Et ça prouve à tous les Judas
Qu’si ça marche de la sorte,
Ils sentiront dans peu, nom de Dieu,
Qu’la Commune n’est pas morte !

Bref, ils ne virent rien venir et furent stupéfaits d’abord, incapable de saisir l’ampleur du séisme ensuite. Moi-même, je dois en convenir, après l’avoir si longtemps espéré et milité pour sa venue, de déception en déception, je n’y croyais plus et n’en crut pas mes yeux : la Commune se réveillait ! Qui furent les premiers à se mettre en marche, jeunes ou vieux, ouvriers ou intellectuels, citadins ou ruraux, étudiants ou « racaille » descendue des « quartiers » ? Je ne saurais le dire. Ce qui est sûr en revanche c’est qu’un beau matin, sans crier gare, les fusillés du Père Lachaise sortirent de leur fosse commune, démontèrent pierre à pierre le mur baptisé à leur mémoire et s’en servirent pour élever des barricades, Varlin revenu d’entre les morts, Louise Michel de son exil néo-calédonien, Courbet, Vallès… prirent la tête de manifestations multitudinaires, ressuscités et bien vivants bras-dessus bras-dessous, qui riaient et chantaient, oubliant d’avoir peur de flics, incrédules au début puis vite débordés, emportés par la vague. Dans les rangs des manifestants on nota, mais je ne l’ai pas vu de mes yeux vu, Patrice Lumuba discutant avec Chico Mendez et Thomas Sankara, Emiliano Zapata très entouré par les militants de la Confédération Paysanne, Nelson Mandela dragant Frida Kalho, Andres Bonifacio, Ho Chi Minh et Rosa Luxemburg main dans la main, et même Hugo Chavez en compagnie d’un type barbe en collier, cigare au bec et béret frappé d’une étoile rouge vissé sur le crâne qui, aux journalistes qui l’interrogèrent sur sa présence, aurait répondu : « Che ! No podia faltar esto »**.
Alors le Calife ordonna : feu sur la foule ! et il y eut des morts, du sang, beaucoup, mais à chaque nouvelle victime la colère enflait et enflait la masse de ceux, toujours plus nombreux, qui continuaient d’affluer et ne cédaient pas, ne reculaient pas. Ne reculerait plus. Puis il y eut un murmure, une rumeur d’abord à peine perceptible mais qui se propageait, bientôt reprise à haute-voix de simple troufion en flic de base, de garnison en commissariat, jusqu’à devenir consigne : « crosse en l’air » ! Dès lors, une allégresse communicative s’empara de nous qui occupions les entreprises, investissions les bureaux, faisions le guet devant les coffres-forts des banques sans que jamais quiconque songea à s’y servir, organisions des cantines populaires, formions des brigades médicales pour soigner les blessés… Toujours fidèles à la philosophie de l’open-source, des informaticiens offrirent leurs services et, à force clics et lignes de code, rallièrent l’Intelligence Artificielle à l’insurrection, interdirent les fuites de devises, ramenèrent des paradis fiscaux les fortunes mal acquises qui y étaient dissimulées. Parti de gauche et syndicats, certains de bon d’autre de mauvais gré, avaient rejoint la Commune. On nomma Louise Michel à l’éducation nationale, Gustave Courbet à la culture… Et peu à peu la tension des dernières semaines retomba, la vie repris son cours… mais en mieux, en beaucoup mieux ! Et l’espèce des merles moqueurs, qui avait frôlé l’extinction, reprit du poil de la bête.

Qu’advint-il, direz-vous, du Calife, de ses vizirs et des 0,0002 % ? Le premier moment de panique passé, ils voulurent réagir. Mais leurs comptes étaient bloqués et ceux qui les servaient, sans salaire à la clé la mire sous la porte et désertèrent – « apprenez que tout flatteur vit aux dépens de celui qui l’écoute », écrivait La Fontaine. C’est ainsi que tsars du luxe, empereurs des médias, magnats de l’immobilier, princes des fonds d’investissements en furent réduits à faire la vaisselle, laver leurs culottes merdeuses et cuire des spaghettis. Mais foin de résignation, ils se mirent à comploter. A défaut de troupes républicaines pour rétablir l’injustice antérieure, ils se tournèrent vers les mercenaires et, voulant frapper fort, s’adressèrent au must – ou au pire selon le point de vue – de la profession : l’agence Dark-Water. Son patron, physique de l’emploi, avait, lors du premier mandat de Gromald Dump, proposé à celui-ci de faire rentrer le Venezuela dans le rang et le débarrasser de Nicolas Maduro. Il demandait cent millions de dollars pour cela. Mais quand les conjurés le contactèrent, les prix avaient monté – Ah, l’inflation ! – et, surtout, le chien de guerre demandait des garanties qu’ils n’étaient plus en mesure d’offrir. Dure réalité : sans leurs milliards ils n’étaient plus rien. En désespoir de cause, ils se résolurent à fuir, emporter leur pognon, du moins celui planqué dans les tables de chevet, sous les matelas, les coffres-forts dissimulés derrières des tableaux de maître… et demandèrent conseil à Crados Gosn, le roi de l’évasion haut de gamme toujours coincé au Liban. Suivant ses instructions, ils mobilisèrent un nombre conséquent de jets privés et firent l’emplette de malles molletonnées à l’intérieur et renforcées aux angles de dimensions suffisantes pour accueillir un être humain. L’opération, sensée rester ultra-secrète, avait depuis longtemps été éventée, mais la Commune opta pour leur faciliter la tâche : ils voulaient partir, qu’ils s’en aillent ! Si nécessaire on leur tiendrait même grand ouvert le couvercle des malles pour qu’ils s’y cachent et embarquent sans encombre dans les aéronefs qui les attendaient, réacteurs en chauffe sur le tarmac. Mais euh, pour partir où au fait ? Car personne n’en voulait. Gromald Dump le premier – il venait de se rêver en pyjama rayé et boulet à la cheville, affecté au nettoyage des chiottes de sa villa de Mar-I-Lago, que Sacco et Vanzetti avaient transformé en centre de régularisation où des cohortes d’immigrés venaient recevoir leur carte verte après des formalités minimales rapidement expédiées –, renvoya d’un doigt d’honneur les ex-richissimes néo-parias se faire voir ailleurs. Benjanvoyou s’offrit généreusement à reloger les fuyards… dans la bande de Gaza, où les bombardements continuaient sans parvenir à anéantir une résistance palestinienne, restructurée autour d’une direction laïque, qui avait renoncé aux tirs de missiles contre-productifs et, sans abandonner la lutte armée, ébauché un rapprochement avec la gauche israélienne. L’Arabie Saoudite acceptait, elle, d’accorder aux impétrants des visas de travail temporaire dans la construction ou comme employés de maison, mais aucun d’entre eux ne disposait du savoir-faire nécessaire, et dans ce ramassis d’inutiles, ceux qui pouvaient se targuer d’un diplôme dans le secteur de la santé n’avaient pas exercé depuis des lustres et leurs compétences requéraient de sérieuses mises à jour. Pragmatique à son habitude, Pékin, voulu d’abord connaître le montant des devises que les ex-milliardaires pourraient déposer dans les banques chinoises mais, une fois la conversion en yuan effectuée, la réponse fût : 不 (prononcez bù) non. La solution vint finalement du Tuvalu – un archipel dont le plus haut sommet culmine à cinq mètre au-dessus de l’Océan Pacifique – qui, passant outre les candidats à l’exil, prit langue directement avec la Commune et négocia des permis migratoires pour ses 10.643 habitants en échange de visas à durée indéterminée pour les pauvres riches en cavale… laissant aux typhons ou à l’élévation du niveau des océans le soin, dans un laps indéterminé, de régler définitivement le problème.

* Précisons que le Nicolas de la chanson d’Eugène Pottier n’a rien à voir avec l’ex-Calife condamné il y a peu pour diverses affaires, qui en toute logique devrait se trouver derrière les barreaux, mais hélas…
** Che (onomatopée intraduisible, typiquement argentine) je ne pouvais pas manquer ça !